Getting on Vans and being the first european GX1000 rider – WILLOW VOGES FERNANDES
Son apparition dans la JAGEN des GX1000 nous avait beaucoup marqués de par son style engagé et brutal. Sa présence dans la vidéo avait également retenu notre attention, parce que Willow est probablement l’un des premiers Européens à s’être imposé dans le crew américain et à avoir totalement embrassé l’art du downhill. Si c’est une tête brûlée planche aux pieds, Willow est, dans la vie, du moins de ce que j’ai pu entrapercevoir durant les quelques instants que j’ai pu passer avec lui, une personne posée, avec laquelle il est très agréable de discuter. On a attendu la fin de l’événement totalement fou du Vans x Dime Paris et son retour à Berlin pour discuter tranquillement au téléphone.
C’est ton deuxième interview dans un mag, n’est-ce pas ?
Oui. J’en avais fait un avec SOLO l’année dernière avec Felix Adler durant le trip GX1000 à Paris. On avait utilisé toutes les photos du trip.
Tu es de retour à Berlin après l’event fou du Vans x Dime. Comment te sens-tu ?
Je me sens bien. C’était dingue. Il y avait tellement de gens ! Mais c’était cool de voir tout le monde. Ça faisait un moment que je n’avais pas revu les gars de Vans. On avait seulement effectué un trip avec tout le crew en début d’année (2023) en mars à Alicante, mais, après ça, on ne s’était plus revus. Donc, c’était, disons, l’une des premières fois que toute la team se réunissait cette année (2023). C’était très sympa.

C’est comment le skate à Berlin ?
C’est cool. Pour le moment, il pleut et il fait de nouveau froid, donc c’est assez difficile de se motiver pour sortir, mais j’ai une liste de spots à aller checker. Je me suis pas mal baladé dans les alentours pour les trouver. C’est une si grande ville et il y a tant de lieux qui n’ont pas encore été skatés ou que les gens ignorent…
Depuis combien de temps tu vis à Berlin ?
En fait, on n’y a pas encore emménagé, parce qu’on cherche un appartement. Mais ma copine possède une chambre en sous-location dans laquelle je vis pour le moment. Je suis originaire d’Hambourg.
Tu as commencé le skate à Hambourg d’ailleurs ?
J’y suis né et j’y ai été élevé. Berlin est la première ville dans laquelle je vais déménager.
Comment c’était de commencer le skate à Hambourg ?
On avait le skatepark indoor I-Punkt Skateland, un lieu assez connu en Allemagne. Mon école était juste à côté, donc j’y allais tous les jours après les cours avec mes copains. J’y restais des heures. Ils ont une vert rampe, un grand bowl, quelques modules de street, bref tout ce dont tu as besoin.

Qu’est ce qui t’as amené à skater ?
Mon père je dirais, parce que c’était un skateur. Il a aussi été snowboardeur pro plus jeune. Sur son skate, il faisait des tricks freestyle à la Rodney Mullen : handstand flip, primo walking. Il avait une toute petite planche et, en fait, je regarde en ce moment même le tout premier skateboard qu’il avait monté. Je l’ai accroché dans ma chambre. C’est assez cool. Il y a un trou dans la planche pour faire du kitesurf. En guise de roues, il a mis des roues de patins à roulettes.
Il t’a beaucoup inspiré…
Exactement. C’est lui qui m’a offert ma première board – il s’agissait d’une complète Birdhouse – pour mes trois ans. Il avait l’habitude de m’emmener skater dans un tout petit parc et j’ai tout de suite accroché. Il y a d’ailleurs une vidéo de moi sur YouTube. Elle s’intitule « future tony hawk or rodney mullen ».
-Après avoir checké sur Internet- Merde ! Mais cette vidéo a atteint les 3.8 millions de vues !
Oui, dans la vidéo je fais des aller-retours justement dans ce tout petit parc.
T’as gagné de la tune grâce à cette vidéo ?
Elle n’était pas monétisée. On s’est toujours dit : « Ah putain, on devrait la monétiser, on pourrait se faire un peu de sous ! », mais on s’en fout. C’était il y a 17 ans déjà.
Tu as aussi une ‘’sponsor me’’ vidéo sur YouTube.
Elle a été uploadée il n’y a pas très longtemps. Je m’ennuyais, j’avais envie de faire quelque chose des footies que j’avais filmés au skatepark et peut-être d’essayer de dégoter un petit sponsor… Mais personne ne l’a vraiment remarquée.
Tu portais des jeans slims bien serrés !
Ouais, c’est vrai, ahaha.


Comment tu t’es fait remarquer par tes sponsors ?
La première fois qu’un sponsor m’a remarqué, c’était skatedeluxe. À l’époque, un youtubeur skate surnommé OG Pav demandait à sa communauté de mettre en ligne un trick avec un hashtag sur Instagram. Si t’étais un tueur, tu gagnais le mois. Le concours en ligne était sponsorisé par skatedeluxe. J’ai gagné le mois de mars 2017 et j’ai reçu un gros colis de leur part. Par la suite, un gars de skatedeluxe m’a envoyé un message pour me proposer de skater pour eux. Je me suis dit : « Putain, ouais, je veux rouler pour vous les gars ! Bien sûr que je veux des trucs gratuits ! ». Ils m’ont envoyé plusieurs colis avec du matos. Ils m’ont vraiment beaucoup aidé. Au fil du temps, ils m’ont mis en contact avec Vans.
A quel moment les choses sont devenues sérieuses avec skatedeluxe et Vans ?
La première fois qu’ils sont venus en trip à Hambourg, ma ville natale. Ils m’ont emmené filmer des clips en street. C’était la première fois que je faisais du street avec un vrai filmeur. En l’occurrence, il s’agissait de Dan Schulz. Il avait déjà un Xtreme fisheye et j’étais super excité de filmer des clips avec lui. Puis les choses sont devenues vraiment sérieuses quand, à un moment donné, ils m’ont proposé un contrat et ont commencé à me pousser vers d’autres marques comme Vans. Après cela, Vans m’a emmené faire mon premier trip avec Max Pack, filmeur pour Vans Europe et TM pour l’Allemagne.
À partir de là, ils ont commencé à m’emmener régulièrement en trip. Je suis vraiment reconnaissant envers eux pour toutes les opportunités qu’ils m’ont offertes, parce que c’est en partie grâce à eux que j’en suis là aujourd’hui.
Comment c’est de traîner avec le crew de Vans ?
C’est très fun honnêtement. J’aime tout le monde dans le crew. Les trips ont une vibe très familiale. Ils se concentrent vraiment sur le fait que tout le monde s’entende bien. Par exemple, pour les voyages Vans Euro, Chris a commencé à emmener sa mère. Elle cuisinait pour nous. On allait skater toute la journée et, en rentrant à la maison, on avait de très bons repas qui nous attendaient, les meilleurs plats qu’on puisse imaginer ! On s’asseyait toujours autour d’une grande table dans le Airbnb. Manger ensemble après une longue journée de skate, c’est vraiment cool. C’est ce que j’aime vraiment dans la team, cette ambiance familiale et le fait qu’on soit tous là les uns pour les autres.

Comment est née l’idée d’emmener la mère de Chris Pfanner ?
L’idée vient totalement de Chris. Je ne sais pas comment il l’a eue, mais je pense qu’il voulait lui montrer ce qu’il faisait dans sa vie et ce qui se passait pendant les trips. Et je pense qu’elle était super heureuse de nous voir et de nous rencontrer tous.
Il y a des sacrés personnages dans le crew !
Il y a effectivement de sacrés personnages. C’est ce qui rend les trips parfois mouvementés, mais c’est super amusant d’être entouré par eux. J’aime le fait qu’il y ait quelques caractères un peu fous, mais il y a aussi des gars super calmes.
Par ailleurs, j’avais apprécié les quelques voyages qu’on avait effectués pendant le Covid. Cela avait adouci un peu les choses. On ne pouvait pas vraiment faire la fête, il y avait toujours le couvre-feu, il fallait rentrer à la maison à une certaine heure de la nuit. Cela a rendu les choses très douces, pas trop en mode fête, ce qui nous a permis de nous concentrer plus facilement sur le skate.
Comment se passe les fêtes avec les gars ?
Les fêtes sont fun. Il y a toujours de bonnes vibes. Chacun fait comme il le sent. Il n’y a pas de pression. Tant que tu skates, tout va bien.
Tu n’es pas un grand fêtard…
J’aime sortir de temps en temps, mais, honnêtement, si je peux skater le lendemain, je préfère rentrer à la maison, fumer un petit bédo le soir et rester avec les gars, écouter de la musique… J’apprécie davantage de passer le temps de cette manière. Cela dépend aussi de la ville dans laquelle je me trouve. Si tu es à Paris ou une ville dans ce genre, c’est plus mouvementé que si t’es à Lisbonne, où tu peux disposer d’un immense Airbnb au bord de la plage. Là, c’est beaucoup plus chill. On va à la plage le soir ou on reste au bord de la piscine ou un truc dans ce style.

En parlant de villes, je t’ai vu pour la première fois dans une vidéo GX1000, JAGEN, celle qui a été tournée à Paris. Comment s’est passé le filming avec les gars de GX ? T’as aimé filmer à Paris ?
J’ai adoré Paris. Filmer avec ces gars-là était un peu nouveau pour moi, parce qu’ils avaient un rythme différent de celui du crew Vans. Parfois, on était encore dehors à 2 heures du matin sur le spot. Skater dans le noir, au milieu de la nuit, c’était quelque chose de nouveau pour moi et j’ai dû m’y habituer les premiers jours. Une fois que je l’ai fait, tout est allé impec. Les journées étaient assez longues, mais j’ai vraiment apprécié ça, parce qu’on se rendait compte à quel point on avait réussi à être productifs en skatant si longtemps. Après ces deux semaines, on était fatigués, mais, quand t’es dans l’action, c’est que du fun. En plus, les gars, étant donné qu’ils venaient des États-Unis, ils étaient super motivés et émerveillés d’être à Paris.
Quelles autres différences y a-t-il entre le filming avec la team Vans et le GX1000 ?
Pour Vans, il y a toujours un dîner prévu à une certaine heure. Soit la mère de Chris est là, soit une table est réservée dans un restaurant. On sort à 10 heures le matin, on skate et, quand il fait nuit, vers 21 heures habituellement, on va dîner. Avec les gars du GX1000, on va dîner aussi, mais, comme je l’ai dit, la plupart du temps, on continue de skater après, ce qui est plutôt cool aussi.
Comment s’est établie la relation avec le crew du GX1000 ?
Super bien, même si j’étais un peu nerveux la première fois que je les ai rencontrés. Je skatais des boards Polar que Beast Distribution me donnait jusqu’à ce que Polar cesse de travailler avec eux. Beast assure également la distribution de GX1000 en Allemagne. À peu près au même moment, Ryan Garshell, le vidéaste de GX1000, était en contact avec les gars de Beast, Maxi Schaible et Oliver Merkelbach. Un jour, Ryan a dit : « On aimerait faire un trip à Paris. Vous pouvez nous aider à l’organiser ? » et il voulait emmener un local. Alors Maxi a suggéré mon nom et il lui a envoyé des images de moi. Ryan a dit : « Allez, on emmène ce kid avec nous ! ». A ce moment-là, j’ai pensé : « Wow ! C’est dingue ! Je pars en trip avec les gars du GX1000 ! ». En un ou deux jours, je me suis senti super bien avec eux. J’étais très intéressé par leur lifestyle, la façon dont ils abordent le skateboard. Je me suis entendu très vite avec eux et, maintenant, chaque fois que je vais aux US, je reste chez Jeff Carlyle. Un grand merci à lui pour avoir pris soin de moi. C’est une légende.

Tu as des plans pour filmer une autre vidéo avec eux ?
On a fait un trip en Espagne il y a quelques mois, en juillet (2023). On est d’abord allés à Bilbao, puis Giron et Vigo. Ce trip était tellement fou, on a filmé pas mal de très bonnes choses. J’ai hâte que ça sorte. Avant cela, j’étais à SF pour filmer avec eux également. Je crois qu’ils veulent publier 4 vidéos par an. C’est vraiment un crew très productif.
Pour en revenir à la vidéo JAGEN, l’un de tes derniers tricks, le front smith sur un rail avec un drop in dans un downhill, est fou. T’as pris de sacrées chutes avant de le rentrer. Est-ce que tu peux parler du processus ?
Putain, c’était une vraie bataille mec. Le sol était granuleux, super raide et je n’arrivais pas à le rentrer. J’étais super frustré. Je voulais tellement le rentrer, mais je ne faisais que chuter encore et encore. Ça a duré une heure ou deux. J’engueulais le spot. Au bout d’un moment, ça a fonctionné et ça a été la meilleure sensation que j’ai ressentie en dévalant le downhill.
Tu as filmé une vidéo à Paris avec les gars de GX et une autre à Marseille avec le team skatedeluxe. Quelle ville était la meilleure pour skater ?
Honnêtement, je pense que je suis un grand fan de Marseille. Les collines rendent la ville plus intéressante selon moi. Par exemple, tu peux faire des lines sans pousser. J’aime aussi beaucoup le côté crusty de Marseille. Et puis, ma sœur aînée est une amie très proche de Chloé Bernard. Alors, à chaque fois que j’y vais, j’ai hâte de voir Chloé. En fait, j’aime tout simplement l’ambiance de la ville. Donc Marseille plutôt que Paris.
Très bien, maintenant tu as des ennemis à Paris. Quel est le pire endroit pour skater ?
Je dirais Berlin, surtout quand il commence à faire froid et à pleuvoir. Il fait gris, les spots sont hyper crusty et il n’y a pas de downhills, tout est plat. Il est difficile de se motiver pour aller skater, surtout pendant la période hivernale. Ceci dit, j’aime me trouver dans un endroit où je peux beaucoup skater et filmer des clips avec le bon groupe de personnes. Alors disons qu’à part le skate en hiver, j’aime beaucoup la ville. Et c’est un endroit sympa pour chiller et sortir avec ses amis.
Comment imagines-tu ton futur ?
Je ne sais pas. Je dirais là où le vent me mènera. Je vais certainement essayer de passer plus de temps à SF cette année à venir avec le crew GX et essayer de skater autant que possible, mettre de côté des footies, m’amuser et essayer de ne pas trop y penser. Jusqu’à présent, cela m’a plutôt réussi.
Pour conclure cette interview, tu as quelques mots en français ?
« Je m’appelle Willow. Je t’aime, skateboarding. » et c’est tout. Mon français a complètement disparu, même si j’ai quelques racines françaises. Avant, mon père était en couple avec une française. Ils ont eu un enfant, ma belle-sœur, et ils vivaient à Nice. Donc, quand j’avais trois ou quatre ans, j’étais capable de tout comprendre et de presque parler français. Peut-être que, si je reste plus longtemps en France, ça reviendra. D’ailleurs, ma belle-sœur va bientôt déménager à Biarritz, donc ce sera l’occasion de lui rendre visite, d’aller surfer et aussi de revoir mes amis comme Robin Bolian, et Noah Maieu.
Donc, si nous faisons une autre interview dans quelques années, elle sera entièrement en français ?
Ce serait fou ! On verra combien de temps je vais passer en France d’ici là, hahaha.
